mardi 13 septembre 2011

Voyage, voyage !


Fichue compagnie qui limite le poids de mes bagages à vingt kg !
Je passe ma soirée à monter sur le pèse-personne, ma valise dans les bras, à enlever un T-shirt pour rajouter ensuite ma trousse à pharmacie. Et sacrifier un pull de laine. Va falloir acheter du matériel là-bas : je ne peux plus partir avec ma tente, le matelas ni mes bâtons de marche.
Moi, par contre, je m'allège : cette agitation et la chaleur me font perdre sang et eau
Le frangin m'accompagne à la gare d'Elne, en avance : je trépignerai moins et ne retoucherai plus à mes sacs. Grande valise, gros sac à dos (bagage de cabine ...), un autre plus petit qui rejoindra la valise en soute, l'étui du netbook rempli de papiers, guides touristiques, un roman … casquette, pochettes de ceinture complètent le harnachement.

Evidemment le compartiment est bondé, ma couchette tout en haut, les odeurs, la moiteur ont déjà pris possession des lieux. Je fais mon nid dans les hauteurs … il est flagrant que mon format n'est pas dans les standards de la SNCF : je vais devoir voyager plié en quatre
Le couple l'étage en-dessous la joue en duo même endormi : madame donne le rythme ; monsieur s'occupe de la mélodie, des variations et autres solos … leurs ronflements nous tiendront compagnie (et éveillés) toute la nuit.

Dimanche : arrivée à Paris Austerlitz 7h20, je prend mon barda et marche jusqu'à la Gare de Lyon. Métro ligne 14 et RER B m'emportent jusqu'à Roissy en moins d'une heure.
Enregistrement OK, premier café au Starbucks, j'ai droit à 15 mn de WI-Fi
Embarquement vers 10h, en compagnie d'une jeune supportrice (Pauline) du Stade Français qui part dans le Canterbury pour un projet agricole avec tribu maori.
Décollage avec une heure de retard, vers 13h
Mes deux voisines (de Fontainebleau) vont en vacances du côté de Bali ; on se répartit les coussins, couvertures, on teste nos écrans LCD, consulte la liste des films, mélange les câbles de nos casques respectifs … c'est parti, le gros A380 se détache du sol.

Il est 18h à Paris : survol du Turkménistan, encore près de 7h de vol jusqu'à Singapour. Déjà regardé « Le fils à Jo » en VOST puis « Thor » en VO, mangé (pas mal, un peu épicé), dérouillé mes gambettes dans les coursives.
Six heures de décalage entre Paris et Singapour, on plonge vers le S-E, à 980 km/h, pour passer entre Kaboul et Kandahar, à 10.000 m d'altitude ; on a fait un peu plus de la moitié du parcours avant l'escale.
Un peu étrange d'aller survoler l'Afghanistan un 11 septembre.
Sur la carte, des noms qui m'ont toujours fait rêver, donné envie de partir : Bokhara, Samarcande, …
Un jeune enfant pleure, une famille joue au Monopoly, un homme sautille sur place dans le passage
J'ai mal au dos, mais pas assez sommeil pour sombrer. Faudrait pourtant que je dorme pour me « caler » sur l'heure néo-Z. Allez … un autre film et au lit !

Lundi 12/09
Pas fermé l'oeil
Arrivé vers 7h10 à l'aéroport Changi, calme et feutré, de Singapour
Je retrouve Pauline, RDV est pris du côté de Christchurch, mi-octobre, et l'hôtesse me rattrape, mon PC oublié en cabine à la main. Fallait bien que ça m'arrive à un moment ou un autre
Vol retardé de 30 mn, coup de barre phénoménal, je déambule sur cet océan de moquette
Il y a un jardin empli de papillons, un autre d'orchidées
L'endroit est ceinturé d'arbre, le ciel est gris pâle, presque 30°C
Pas de dollar local pour me payer un café, mais le vol est pour bientôt
Du matériel hi-tech à gogo et pas cher dans les boutiques : je verrai ça au retour.
Une supportrice des Boks me donne le résultat du match des siens face aux Galllois (je n'avais vu que la première mi-temps à Roissy)
Embarquement rapide. Génial ! … personne dans la rangée à côté de moi, je vais pouvoir profiter des trois sièges pour m'étendre.

Et … j'en ai bien profité, et enfin pu dormir. Quelques heures, entrecoupées d'un autre film. A la fin de ce voyage je crois que j'en aurai vu cinq ou six.
On vient de quitter les côtes d'Australie, il est 20h40 à Auckland (dix heures de moins à Paris), qui n'est plus qu'à 1h35 de vol.
Le pilote a passé la surmultipliée : la vitesse affichée frôle les 1.200 km/h, au-dessus de la Mer de Tasman, au sud de Nouméa, à l'est de Sydney
Je vais attaquer mon dernier repas à bord ; un voyageur espagnol, attiré par mon maillot sang et or, vient parler un peu de l'USAP avec moi ; il était à Montjuich au printemps dernier.

Dernière heure de voyage, et j'ai prévu de passer la nuit à l'aéroport pour récupérer ma voiture de location le plus tôt possible le matin suivant. Grosse journée en perspective

Si on poursuit notre vol plein est, tout droit, on franchit la fameuse ligne de changement de date et … on retourne à hier. Bizarre sensation.

Mardi 13/09
Arrivé hier soir vers 22h30 locales.
Bagages, douane, contrôle « antibiologique » et me voilà.
13°C annoncés dehors, le sol brille d'humidité sous les éclairages
La boutique Vodafone est ouverte, la blonde Danielle m'accueille d'un « Vous êtes là pour le football ? » et meurt immédiatement de honte. Je l'excuse rapidement au lieu de la dénoncer au comité d'organisation

Vous voulez m'appeler ? Ce sera au 021 08 23 29 49

Un café géant accompagné d'un « Thank you my dear » et je commence à tuer le temps.
Les salons du second étage sont calmes mais leurs baies vitrées donnent sur le ballet des bagagistes qui s'affairent autour des Boeing
1h20 du matin : je vais me laver la tête sous un robinet … j'ai presque figure humaine à nouveau.

3h environ : un couple de Français arrive, en partance pour l'Australie après deux semaines passées ici ; ils me feront passer l'heure suivante, et me rassureront un peu sur la météo locale (l'avenir leur donnera tort)

Un petit en-cas s'impose
MacDo, Subway, ou KFC ? Choix cornélien. Je retourne au « Long White Coffee ».
Le terminal commence à s'animer

5h15 … il tombe des cordes dehors, le vent fouette les vitres. J'ai fait les cent pas, puis les 200, puis les 1000.
Un vol sud-américain déverse un club entier du Paraguay, aux couleurs noires et jaunes. Et une bonne vingtaine de jeunes filles d'un collège qui semble avoir inscrit le rugby parmi les matières qu'il enseigne.
Tous les magasins ont rouvert leur portes maintenant.
Une équipe d'ambulanciers arrive en courant, je prend leur sillage, au cas où … C'est une dame assez âgée qui est allongée sur le sol, les secouristes de l'aéroport ont déjà les choses bien en main.

Je suis remonté au second étage, et plus ou moins fermé l'oeil pendant trente minutes.

7h … les vans des différents loueurs de véhicules commencent à ramasser leurs clients à l'entrée du terminal ; le chauffeur de l'un d'eux, talonneur durant les « sixties », appelle son homologue de chez Britz pour ne pas me laisser patienter dans ce matin humide et venté
Ma navette arrive vers 8h, et m'arrache enfin à cet aéroport, en même temps qu'un couple d'Américains de Seattle ; lui, qui brave les éléments dans un simple T-shirt, est un vrai mordu, et a déjà suivi les deux précédentes éditions de la World Cup

Les bureaux de Britz ouvrent à peine, l'ambiance est bon enfant, le café infâme, les ordianteurs un peu lents à faire leur travail et … le clignotant de ma VW hors service.
Les mécanos n'arrivent pas à le réparer (un faux contact quelque part), l'employé s'empresse et se confond en excuses, je vide la corbeille de fruits en attendant un autre véhicule.

Et hop !
Me voilà parti.

Enfin … faudrait que je monte du bon côté de la voiture si je veux la conduire. Oooops !

On m'a indiqué le supermarché le plus proche ; je le visite sans rien acheter, désorienté par les produits locaux. Je fais connaissance avec les produit alimentaires : le pain et le fromage me manquent déjà
Je vais me consoler dans le salon de coiffure voisin ; rien de tel pour s'alléger la tête. L'employée me masse le cuir chevelu avec entrain et savoir-faire … je savoure en lui disant de continuer ainsi toute la journée
Puis vais affronter la circulation en décidant d'aller rejoindre l'équipe de France, à Takapuna. De l'autre côté d'Auckland, argh !

1 commentaire:

  1. coucou!!! contente de savoir que tu est bien arrivé!! j'attend avec impatiente la suite au prochain épisode!! bon courage!! delphine

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