Fichue compagnie qui limite le poids de
mes bagages à vingt kg !
Je passe ma soirée à monter sur le
pèse-personne, ma valise dans les bras, à enlever un T-shirt pour
rajouter ensuite ma trousse à pharmacie. Et sacrifier un pull de
laine. Va falloir acheter du matériel là-bas : je ne peux plus
partir avec ma tente, le matelas ni mes bâtons de marche.
Moi, par contre, je m'allège :
cette agitation et la chaleur me font perdre sang et eau
Le frangin m'accompagne à la gare
d'Elne, en avance : je trépignerai moins et ne retoucherai plus
à mes sacs. Grande valise, gros sac à dos (bagage de cabine ...),
un autre plus petit qui rejoindra la valise en soute, l'étui du
netbook rempli de papiers, guides touristiques, un roman …
casquette, pochettes de ceinture complètent le harnachement.
Evidemment le compartiment est bondé,
ma couchette tout en haut, les odeurs, la moiteur ont déjà pris
possession des lieux. Je fais mon nid dans les hauteurs … il est
flagrant que mon format n'est pas dans les standards de la SNCF :
je vais devoir voyager plié en quatre
Le couple l'étage en-dessous la joue
en duo même endormi : madame donne le rythme ; monsieur
s'occupe de la mélodie, des variations et autres solos … leurs
ronflements nous tiendront compagnie (et éveillés) toute la nuit.
Dimanche : arrivée à Paris
Austerlitz 7h20, je prend mon barda et marche jusqu'à la Gare de
Lyon. Métro ligne 14 et RER B m'emportent jusqu'à Roissy en moins
d'une heure.
Enregistrement OK, premier café au
Starbucks, j'ai droit à 15 mn de WI-Fi
Embarquement vers 10h, en compagnie
d'une jeune supportrice (Pauline) du Stade Français qui part dans le Canterbury pour
un projet agricole avec tribu maori.
Décollage avec une heure de retard,
vers 13h
Mes deux voisines (de Fontainebleau)
vont en vacances du côté de Bali ; on se répartit les
coussins, couvertures, on teste nos écrans LCD, consulte la liste
des films, mélange les câbles de nos casques respectifs … c'est
parti, le gros A380 se détache du sol.
Il est 18h à Paris : survol du
Turkménistan, encore près de 7h de vol jusqu'à Singapour. Déjà
regardé « Le fils à Jo » en VOST puis « Thor »
en VO, mangé (pas mal, un peu épicé), dérouillé mes gambettes
dans les coursives.
Six heures de décalage entre Paris et
Singapour, on plonge vers le S-E, à 980 km/h, pour passer entre
Kaboul et Kandahar, à 10.000 m d'altitude ; on a fait un peu
plus de la moitié du parcours avant l'escale.
Un peu étrange d'aller survoler
l'Afghanistan un 11 septembre.
Sur la carte, des noms qui m'ont
toujours fait rêver, donné envie de partir : Bokhara,
Samarcande, …
Un jeune enfant pleure, une famille
joue au Monopoly, un homme sautille sur place dans le passage
J'ai mal au dos, mais pas assez sommeil
pour sombrer. Faudrait pourtant que je dorme pour me « caler »
sur l'heure néo-Z. Allez … un autre film et au lit !
Lundi 12/09
Pas fermé l'oeil
Arrivé vers 7h10 à l'aéroport
Changi, calme et feutré, de Singapour
Je retrouve Pauline, RDV est pris du
côté de Christchurch, mi-octobre, et l'hôtesse me rattrape, mon PC
oublié en cabine à la main. Fallait bien que ça m'arrive à un
moment ou un autre
Vol retardé de 30 mn, coup de barre
phénoménal, je déambule sur cet océan de moquette
Il y a un jardin empli de papillons, un
autre d'orchidées
L'endroit est ceinturé d'arbre, le
ciel est gris pâle, presque 30°C
Pas de dollar local pour me payer un
café, mais le vol est pour bientôt
Du matériel hi-tech à gogo et pas
cher dans les boutiques : je verrai ça au retour.
Une supportrice des Boks me donne le
résultat du match des siens face aux Galllois (je n'avais vu que la
première mi-temps à Roissy)
Embarquement rapide. Génial ! …
personne dans la rangée à côté de moi, je vais pouvoir profiter
des trois sièges pour m'étendre.
Et … j'en ai bien profité, et enfin
pu dormir. Quelques heures, entrecoupées d'un autre film. A la fin
de ce voyage je crois que j'en aurai vu cinq ou six.
On vient de quitter les côtes
d'Australie, il est 20h40 à Auckland (dix heures de moins à Paris),
qui n'est plus qu'à 1h35 de vol.
Le pilote a passé la surmultipliée :
la vitesse affichée frôle les 1.200 km/h, au-dessus de la Mer de
Tasman, au sud de Nouméa, à l'est de Sydney
Je vais attaquer mon dernier repas à
bord ; un voyageur espagnol, attiré par mon maillot sang et or,
vient parler un peu de l'USAP avec moi ; il était à Montjuich
au printemps dernier.
Dernière heure de voyage, et j'ai
prévu de passer la nuit à l'aéroport pour récupérer ma voiture
de location le plus tôt possible le matin suivant. Grosse journée
en perspective
Si on poursuit notre vol plein est,
tout droit, on franchit la fameuse ligne de changement de date et …
on retourne à hier. Bizarre sensation.
Mardi 13/09
Arrivé hier soir vers 22h30 locales.
Bagages, douane, contrôle
« antibiologique » et me voilà.
13°C annoncés dehors, le sol brille
d'humidité sous les éclairages
La boutique Vodafone est ouverte, la
blonde Danielle m'accueille d'un « Vous êtes là pour le
football ? » et meurt immédiatement de honte. Je l'excuse
rapidement au lieu de la dénoncer au comité d'organisation
Vous voulez m'appeler ? Ce sera au
021 08 23 29 49
Un café géant accompagné d'un
« Thank you my dear » et je commence à tuer le temps.
Les salons du second étage sont calmes
mais leurs baies vitrées donnent sur le ballet des bagagistes qui
s'affairent autour des Boeing
1h20 du matin : je vais me laver
la tête sous un robinet … j'ai presque figure humaine à nouveau.
3h environ : un couple de Français
arrive, en partance pour l'Australie après deux semaines passées
ici ; ils me feront passer l'heure suivante, et me rassureront
un peu sur la météo locale (l'avenir leur donnera tort)
Un petit en-cas s'impose
MacDo, Subway, ou KFC ? Choix
cornélien. Je retourne au « Long White Coffee ».
Le terminal commence à s'animer
5h15 … il tombe des cordes dehors, le
vent fouette les vitres. J'ai fait les cent pas, puis les 200, puis
les 1000.
Un vol sud-américain déverse un club
entier du Paraguay, aux couleurs noires et jaunes. Et une bonne
vingtaine de jeunes filles d'un collège qui semble avoir inscrit le
rugby parmi les matières qu'il enseigne.
Tous les magasins ont rouvert leur
portes maintenant.
Une équipe d'ambulanciers arrive en
courant, je prend leur sillage, au cas où … C'est une dame assez
âgée qui est allongée sur le sol, les secouristes de l'aéroport
ont déjà les choses bien en main.
Je suis remonté au second étage, et
plus ou moins fermé l'oeil pendant trente minutes.
7h … les vans des différents loueurs
de véhicules commencent à ramasser leurs clients à l'entrée du
terminal ; le chauffeur de l'un d'eux, talonneur durant les
« sixties », appelle son homologue de chez Britz pour ne
pas me laisser patienter dans ce matin humide et venté
Ma navette arrive vers 8h, et m'arrache
enfin à cet aéroport, en même temps qu'un couple d'Américains de
Seattle ; lui, qui brave les éléments dans un simple T-shirt,
est un vrai mordu, et a déjà suivi les deux précédentes éditions
de la World Cup
Les bureaux de Britz ouvrent à peine,
l'ambiance est bon enfant, le café infâme, les ordianteurs un peu
lents à faire leur travail et … le clignotant de ma VW hors
service.
Les mécanos n'arrivent pas à le
réparer (un faux contact quelque part), l'employé s'empresse et se
confond en excuses, je vide la corbeille de fruits en attendant un
autre véhicule.
Et hop !
Me voilà parti.
Enfin … faudrait que je monte du bon
côté de la voiture si je veux la conduire. Oooops !
On m'a indiqué le supermarché le plus
proche ; je le visite sans rien acheter, désorienté par les
produits locaux. Je fais connaissance avec les produit alimentaires :
le pain et le fromage me manquent déjà
Je vais me consoler dans le salon de
coiffure voisin ; rien de tel pour s'alléger la tête.
L'employée me masse le cuir chevelu avec entrain et savoir-faire …
je savoure en lui disant de continuer ainsi toute la journée
Puis vais affronter la circulation en
décidant d'aller rejoindre l'équipe de France, à Takapuna. De
l'autre côté d'Auckland, argh !
coucou!!! contente de savoir que tu est bien arrivé!! j'attend avec impatiente la suite au prochain épisode!! bon courage!! delphine
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